Le chemin des Bruyères est une petite voie recouverte de sable ou pavée de dalles jaunes. Des maisons de bois, de paille ou de pierres le bordent ; leurs fenêtres demeurent opaques, et leur porte inouvrable.
De gigantesques moulins sont placés près de la rivière ; leurs larges roues en bois battent l'eau jour et nuit comme s'il s'agissait de farine. De loin, ils paraissent s'étendre vers le ciel comme un groupe de géants somnolents.
Ce qu'on surnomme le clocher est en fait une tour érigée lors de la fondation du village. Haute, impressionnante, faite de briques rouges et agrémentée de représentations d'oiseaux, ses cloches tintent presque en permanence.
Une place vaste. Stands. Foule. Bruits. Cohue des grands rassemblements. Vous pénétrez dans le marché du Village, votre pas sur la pavé vous renvoie par moment quelques échos, vous vous rendez compte que ce bout de terre est plus peuplé que vous l'auriez cru. La marché vit comme en vase clos, en retrait : les querelles extérieures ne l'atteignent que rarement. On se rassemble pour survivre et pour oublier.